BOU-SAADA

Bou-Saada mérite son nom plein de promesses; si le paradis est dans le ciel, certes il est au-dessus de ce pays, s'il est sur terre, il est au dessous de lui.


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ASTRONOMIE ARABE 1

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1 ASTRONOMIE ARABE 1 le 19/07/08, 07:48 pm

chano


Bavard
Bavard
Il faut bien commencer par prendre conscience qu’au moment où les « astronomes » islamiques apparurent véritablement sur scène, disons à partir du IXème siècle, l’Astronomie venait de connaître SEPT siècles de silence et de stagnation totale.
Toute recherche en ce domaine s’était pratiquement arrêtée à la mort du grand, de l’incontournable, de l’incontestable Ptolémée. Ptolémée était lui même le dépositaire de tout le savoir astronomique grec. Savoir qu’il avait rassemblé dans un monumental ouvrage en treize livres : « L’Almageste ou la Grande Composition Mathématique ». Cet ouvrage ambitionnait de rendre compte de tous les mouvements de tous les corps célestes. Malheureusement, il reposait sur deux postulats complètement faux dont l’un « vieux comme le monde » :

1/ La terre est immobile au centre du monde et tous les autres corps célestes tournent autour d’elle.

2/ Tous ces corps décrivent des trajectoire circulaires, car le cercle est la seule forme parfaite et idéale pouvant rendre compte de l’harmonie du ciel… et du retour périodique et régulier des « astres ».

Malheureusement, les Planètes mettaient une évidente mauvaise volonté à se conformer à cette géométrie simplissime et harmonieuse. D’où la nécessité d’expliquer leurs mouvements erratiques par des déplacements complexes tout au long de trajets sur des cercles « secondaires » se déplaçant eux-mêmes sur des cercles « principaux ». Et comme cela ne suffisait toujours pas, il fallait en arriver à des systèmes invraisemblables de cercles tournant les uns « sur » et « dans » les autres, à tel point que la complexité en devenait vite totalement ingérable.

Mais il restait hors de question de toucher aux deux fameux postulats de base. Et pourtant plusieurs savants grecs, bien avant Ptolémée, avait déjà émis l’idée de la possibilité d’un système « héliocentrique » (Soleil au centre du Monde et planètes tournant autour).

Au début, et donc pour la période qui nous intéresse, les astronomes arabes allaient plaquer tous leurs travaux sur le système de Ptolémée. Pourtant, grâce à leurs nouvelles observations nettement plus précises, ils prirent bien vite conscience que le système ptoléméen ne convenait absolument pas pour expliquer la réalité du ciel. Après avoir accumulé et compilé de multiples tables d’observations, après avoir réalisé de nombreux commentaires de l’œuvre du Maître, ils en arrivèrent à la critiquer ouvertement, pour finir par la rejeter.

Mais… sans pour autant abandonner la base même du système, à savoir le « géocentrisme » (Terre au centre du Monde) qui ne pouvait conduire qu’à des absurdités.

Mais reprenons les choses au début.

Pour des raisons très pratiques, les Arabes s’étaient intéressés aux étoiles depuis l’époque où ils nomadisaient dans les déserts. Elles constituaient les « phares » qui guidaient leurs caravanes à travers les étendues désertiques dépourvues de tout repère. A l’instar de maints peuples primitifs, ils avaient donné des noms aux corps célestes et aux groupements d’étoiles (constellations). Certains des noms dont ils les baptisèrent alors sont encore en usage aujourd’hui, notamment « Algol », « Bételgeuse » et « Véga ». Mais c’est seulement au début du VIIIe siècle que les musulmans acquirent une connaissance scientifique du ciel. Leur intérêt devait s’éveiller à la lecture de la traduction que fit faire le calife Haroun al-Rachid du grand ouvrage de l’astronome grec Ptolémée, « l’Almageste ».

La « révolution astronomique » se produisit avec l’arrivée au pouvoir du Calife al-Mamun qui régna à Bagdad de 813 à 833. Ami des Arts et des Sciences, il permit à de nombreux artistes et savants de travailler à sa cour dans d’excellentes conditions. L’Astronomie profita de cet élan exceptionnel.

Al-Mamun fit construire à Bagdad la « Maison de la Sagesse », un concentré de tout ce que l’Empire comportait de têtes pensantes, en quelque sorte l’équivalent de la Bibliothèque d’Alexandrie et de son Musée. A cette époque se pratiqua une véritable chasse aux textes « anciens », ceux écrits par les Grecs bien évidemment. Ces ouvrages étaient immédiatement traduits par des experts linguistes possédant un évident bagage scientifique. En effet, il ne suffisait pas de traduire mot à mot, encore fallait-il comprendre ce que l’on traduisait pour éviter erreurs et contre-sens. Beaucoup de ces traducteurs étaient d’origine chrétienne ou juive car ils étaient, à l’époque, pratiquement les seuls à maîtriser à la fois le grec, le latin et l’arabe. Mais les prospections ne se limitèrent pas à ces seules sources. Les astronomes arabes tournèrent aussi les yeux vers les connaissances des Perses et des Indiens.

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2 ASTRONOMIE ARABE 2 le 19/07/08, 07:53 pm

chano


Bavard
Bavard
<P>Très vite, ils se retrouvèrent à la tête d’un matériel d’une incroyable richesse, mais qui hélas se révélait souvent moins que satisfaisant car de nombreuses tables astronomiques ne correspondaient pas (ou plus) avec ce qu’ils pouvaient observer chaque jour et surtout chaque nuit.</P>
<P>L’instrument d’observation le plus répandu et le plus important pour les astronomes musulmans fut incontestablement l’astrolabe, qu’ils empruntèrent aux Grecs. Connu d’eux sous le nom de « joyau mathématique », il consistait essentiellement en un disque plat, généralement en cuivre, et de dimensions variables, depuis les modèles portatifs, dont certains mesuraient cinq centimètres de diamètre, jusqu’aux grands modèles fixes.</P>
<P>Quelle que fut sa taille, la circonférence était divisée en degrés. Fixée sur un pivot central une aiguille, appelée alidade, pouvait tourner. L’astrolabe était suspendu à un petit anneau assujetti à son sommet, et l’aiguille était pointée vers une étoile par exemple. L’aiguille formait alors un angle avec l’horizontale de l’astrolabe et, en mesurant l’écart angulaire ainsi obtenu, on pouvait déterminer la hauteur de l’étoile au-dessus de l’horizon. Les astrolabes étaient également utilisés pour calculer la position des étoiles et déterminer les mouvements des planètes, ainsi que pour connaître l’heure. Comme tant d’autres inventions grecques, l’astrolabe fut introduit en Europe par les musulmans, mais il devait par la suite être abandonné à cause de son manque de précision et remplacé par le quadrant et le sextant.</P>
<P>Mais subsistait la nécessité de pouvoir effectuer de nouvelles observations dont la précision devrait être maximum.</P>
<P>Voilà pourquoi on n’hésita pas à construire de « gigantesques » observatoires. Gigantesques, car à cette époque où n’existaient encore ni lunettes astronomiques, ni télescopes, la seule façon d’augmenter la précision de la mesure consistait tout simplement à augmenter le dispositif de la lecture et donc la taille de l’instrument. On vit alors fleurir des astrolabes, quadrants, sextants et autres octants dont les tailles pouvaient atteindre plusieurs mètres de rayon. Tous ces dispositifs ont aujourd’hui disparu mais il est encore possible de se faire une assez bonne idée de ce qu’ils pouvaient être en visitant ce qui reste des observatoires construits par les Moghols dans le nord de l’Inde, comme à Delhi ou mieux encore le « Jantar Mantar » à Jaipur.<BR>Cette Astronomie avait d’abord et surtout des visées « pratiques ».</P>
<P>D’une part, elle servait surtout à établir des horoscopes, tous plus flatteurs les uns que les autres, pour les « grands » de l’Empire… le Calife en particulier. C’est pour cette raison qu’à cette époque, il est impossible de différencier les astroloGUES et les astroNOMES.</P>
<P>&nbsp;<BR></P>

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