BOU-SAADA

Bou-Saada mérite son nom plein de promesses; si le paradis est dans le ciel, certes il est au-dessus de ce pays, s'il est sur terre, il est au dessous de lui.


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Bou-Saâda, La merveille désenchantée

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kachina


mordu
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Enquete réalisée par Fouad.O
Le jour d'Algérie du 07 avril 2008


Voir Bou-Saâda et mourir ! Tel est le message légué par la vie et le parcours du célébrissime peintre orientaliste Alphonse Etienne Dinet, Nasr Eddine Dinet après sa conversion à l’islam. Avant de mourir, Dinet a succombé au charme de cette région enchanteresse et l’a aussitôt immortalisée dans ses chefs-d’œuvre, tout comme les illustres peintres européens qui l’ont précédé. N’avait-il pas dit à ses contemporains que «s’il existait un paradis sur terre, c’est à Bou-Saâda qu’il faut aller le voir». Depuis, la région ne connaît plus de répit.

Venant de l’hémisphère Nord, fascinés par ses descriptions romancières ou picturales qui font la joie des musées du monde, artistes, écrivains, géographes ou historiens y ont trouvé de bons arguments d’inspiration, le désir de faire un, deux, voire plusieurs tours pour trouver le confort indispensable pour y vivre et créer : des oasis habitées par un peuple accueillant, généreux et noble dans sa simplicité, une ville avec toutes les commodités nécessaires, des bains maures, des maisons semblables à des palais entourées de jardins agrémentés de fontaines, à la végétation luxuriante et odorante. Enfin, une culture et des us qui ajoutaient un parfum supplémentaire à ce que la nature lui a prodigué comme grâce et envoûtement. Avec son eau qu’on prend sans modération, son ciel dégagé, si limpide qu’il vous donne envie de prendre tout l’air sec et «plein de soleil» ! Le coucher du soleil vous emporte à l’infini le temps de vous bercer dans des images célestes et féériques. C’est inouï !

Des atouts plein les yeux

Le départ d’Alger vous offre déjà ce sentiment de partir à la rencontre de personnages hors du commun. A 280 km vers l’est, la route vous accueille et les regards des habitants longeant cet itinéraire vous scrutent généreusement, tout en vous saluant des mains, comme les collines d’El Hodhna où M’sila, élue pour être le chef-lieu de la wilaya, vous offre le dernier rempart citadin avec ses constructions en dur et autres effets lumineux, avant de vous livrer aux 60 km restants qui vous amènent au seuil de la ville la mieux éclairée de la planète Terre. Les atouts touristiques ne manquent pas à Bou-Saâda. Sa situation géographique en fait l’oasis la plus proche d’Alger (moins de 250 km). Elle forme par ailleurs l’entrée privilégiée, voire idéale, du désert. Mais ses charmes ne la laissent pas jouer le seul rôle de relais avec d’autres régions comme Biskra, Laghouat et la vallée du M’zab. Ses vestiges préhistoriques et historiques, des dessins rupestres gravés sur les parois des roches de Taza, jusqu’au tombeau de l’Emir Khaled en passant par son ksar et ses mosquées font de Bou-Saâda un centre d’intérêt culturel. La grande zaouïa d’El Hamel est aussi un pôle historique et intellectuel attrayant.

Les artisans fabriquent encore et offrent maints objets dont sont friands les touristes : couteaux, tissages, burnous, lézards empaillés, éventails, bijoux, etc. Son calme et son climat sec et sain attirent les citadins du Nord désireux de se reposer.

L’art fait partie intégrante de la vie des Boussaâdis. Il fut un temps où l’art était apprécié dans cette région, où la beauté leur était transmise comme un legs à perpétuer. Après un long repli, après la décennie noire traversée par notre pays et après une longue hésitation, voilà que Bou-Saâda sort de sa torpeur et décide de renouer avec la tradition et les valeurs perdues. Elle renaît, comme une rose, de son hibernation qui l’emprisonnait dans un laisser-aller total, à l’ombre d’une longue nuit. Et subtilement, Bou-Saâda s’éveille de sa longue léthargie, et l’on assiste à un regain d’intérêt de ses habitants au goût de vivre, de créer, de travailler et accueillir de nouveau les visiteurs. Comme quoi les Boussaâdis ne vivent qu’avec cette ambiance de fête et des va-et-vient d’étrangers qui défilent dans leur ville et rompent le calme religieux qui régnait dans les rouages qui mènent vers les sites touristiques, comme un rituel de pèlerinage. Bou-Saâda n’a pas perdu de son éclat, de ses couleurs…



Une dimension culturelle inégalable

Ainsi a-t-on trouvé cet Eden perdu. Perdu entre l’icône d’une oasis incarnée par les grands peintres orientalistes et l’image réelle de ce conglomérat en déperdition. Curieuse coïncidence que celle de rencontrer un groupe de touristes grecs. Eblouis par la fascination du jour boussaâdi, ces grecs ont eu la joie de goûter la veille aux délices du méchoui à la braise au clair de lune. Le lendemain, les retrouvailles se sont faites à la zaouïa d’El Hamel, sise à une dizaine de kilomètre du centre-ville. Ce lieu de culte et de soufisme héberge en son sein le tombeau de Sid El Hamel, un adepte d’El Aâlaouïa, une médersa pour l’apprentissage du saint Coran en 9 ou 18 mois. L’enceinte préserve jalousement 150 000 manuscrits dans la plus riche bibliothèque, d’anciens manuscrits au Maghreb. Un trésor dans toutes les sciences. Elle couve aussi un pan de l’histoire algérienne pleine d’épopées. Un petit musée, bien entretenu, garde en guise de mémoire quelques articles vestimentaires, des ustensiles et autres armes de prestigieux guerriers de la résistance algérienne tels l’Emir Abdelkader, son neveu l’émir Hicham qui en ont fait autrefois un Q.G. Le célèbre Emir Khaled repose, jusqu’à ce jour, dans un cimetière qui porte son nom à Bou-Saâda. Une quinzaine de fusils datant de l’èpoque de l’Emir Abdelkader vous plongent dans le passé glorieux et l’odeur des héros de la résistancepopulaire.



Une halte chez Dinet

Pour mieux vous faire partager cet étrange sentiment, on a fait cette halte, le temps d’un week-end, pour vous mettre à l’icône immortalisée par Dinet.

Mais on a toujours ce malin plaisir à se régaler à Bou-Saâda où elle est en fait toujours, en dépit des mutations sociales, la même, fascinante, attirante et mystérieuse. Nous l’avons trouvée comme elle fut racontée par les aventureux et les peintres orientalistes qui nous montrent qu’il y a des milliers d’années, cet endroit était couvert de végétation et que l’eau s’y trouvait en abondance. Nombre d’écrivains ont raconté leurs voyages et leurs aventures. Actuellement, on peut, sans courir les dangers que ces pionniers ont frôlés en ces lieux envoûtants, faire des voyages sûrs. Ce reportage est une invitation à faire de même : redécouvrir cette 8e merveille du monde !

Cette oasis, cette mer de dunes, aujourd’hui peuplée par le béton et qui s’étend jusqu’à Biskra à l’est, Djelfa au sud et El Hodhna vers l’ouest, n’a pas pour autant perdu de ses charmes en dépit de l’indifférence des autorités, l’insouciance des autochtones et le poids du temps. Bou-Saâda fait rêver une fois de plus quand tu visites ses sites et les regardes inlassablement, dans le désert y faisant chaque fois de nouvelles découvertes et nous offrant une philosophie à nulle autre pareille. Celle de la vie dans sa forme la plus simple. Une simplicité inscrite dans la mode du temps et la durée.

La découverte de ce grand homme qui a adulé cette terre frappe les consciences et vous rend compte de la grandeur de ses œuvres et du legs qu’il a laissé à l’humanité en préférant mourir et être enterré dans cette terre, jadis terre nourricière, et qui donne toujours le sentiment de se charger de substance charnelle. Mais hélas, la déculturation touristique et la main des incultes ont failli dénaturer cette contrée, véritable paradis perdu, où il n’y pas une maison qui n’ait pas enfanté un écrivain, un poète, un parolier, un musicien, un chanteur ou un peintre.

Hormis les quelques rares volontés qui essayent un tant soit peu d’apporter de la valeur ajoutée à ce don de Dieu, rien n’y est fait, côté officiel, pour valoriser ce fonds touristique et le rentabiliser. Rien n’y est fait pour promouvoir ce «trésor oriental» universellement célèbre. Bou-Saâda exerce un attrait durable sur les citoyens du monde et toujours pas celui de l’Unesco qui se doit de la rehausser en patrimoine universel et fertiliser son sable transformé au vu et au su de tous en matériaux de construction, menace d’un drame écologique. De grâce, y a-t-il quelqu’un pour sauver la cité ?



Ce qui tue le tourisme

Mais à Bou Saâda, il faut le dire aussi, il y a le beau et, bien entendu, le revers de la médaielle. Des citoyens qui se battent encore dans l’infini labyrinthe de litiges autour d’un voisinage difficilement vécu. La voirie, jusque-là précaire et versant dans l’oued qui irriguait jadis ce paradis perdu. Un mur qui monte, un autre démoli par vieillissement suffisent pour faire faire la chaîne des semaines durant devant les instances cocnernées. Apostrophé, un responsable n’a qu’une suggestion : «Allez voir Madame Haïoun, la directrice du musée national Dinet. Elle au moins peut répondre à toutes vos questions». Aussitôt dit, aussitôt fait et nous fûmes immédiatement reçus. Elle nous a accueillis avec le sourire que son personnel atteste coutumier en dépit de ses innombrables occupations (lire entretien). Cette dame a rendu un grand service à Bou-Saâda après avoir pris en main la responsabilité et la relance du tourisme culturel.

Exalté par la réouverture et la redécouverte de leur musée et sa réhabilitation, le désir le plus cher des Boussaâdis est de voir les œuvres de Nasr Eddine Dinet exposées dans le musée qui porte son nom. Cette fièvre qui anime de plus en plus les habitants de la cité de façon sensible a fait naître en nous l’intérêt pour la réalisation de ce reportage, et leur enthousiasme qui ne cesse de s’accroître de jour en jour nous a encouragés à aller à la rencontre et la découverte de l’hospitalité de cette dame qui veille, depuis 2003, sur ce joyau de la muséologie algérienne. Elle affectionne le site comme son propre héritage et s’efforce de lui donner toutes les dimensions rayonnantes et aux normes internationales. Mme Merazka Haioun, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a redonné vie au musée et fierté aux Boussaâdis, qui le lui rendent évidemment bien et auxquels elle a aménagé une salle de lecture; elle pense déjà à l’extension du musée pour en faire, au bonheur des poètes, peintres, sculpteurs, écrivains, un espace de rencontre entre les arts, entre l’expression libre et romanesque.

F. O.





Dinet, ce grand témoin

Si les maîtres de l’orientalisme – Delacroix, Fromentin, Chassériau – ont vécu en Algérie et ont partagé l’existence humble des populations sahariennes, à Bou-Saâda, Biskra ou Laghouat, ils ont transcrit leurs us et coutumes comme autant de témoignages d’une culture vivante, porteuse d’un réel humanisme et gardienne d’une identité qui a résisté aux agressions multiples du colonisateur. Etienne Dinet, qui embrassa la foi musulmane au contact des Algériens pour devenir Nasr Eddine Dinet, en est le grand témoin. Il a pris ses distances par rapport à la colonisation, même si c’est l’aventure coloniale qui lui a ouvert les voies de l’Eden algérien. Les quelques tableaux originaux qui retracent son parcours s’érigent comme des fenêtres qui vous projettent dans le passé. Des fenêtres qui donnent sur ce passé toujours vivace, et à quelques nuances près toujours expressif au présent. Un musée national lui est à juste titre consacré sur le lieu même où il a vécu et créé cette œuvre de grande valeur qui restitue des pans entiers de notre histoire. Il est indéniable que durant tout son séjour en Algérie qu’il entama en 1883, à Bou-Saâda en particulier, Dinet a surtout peint le labeur, la patience et la fierté d’un peuple, sans oublier le charme particulier des femmes et la joie des enfants dont la même ferveur anime les Boussaâdis aujourd’hui. Il a donné à Bou-Saâda une dimension universelle.



Des sites féériques

-Oued Boussaâda et les rochers qui font son lit ne sont plus qu’un dépôt d’ordures traversées par l’évacuation des eaux usées. Jadis, c’était un espace de plaisance où des milliers de baigneurs nageaient avec plaisir dans son eau limpide, potable et qui coulait du haut des cascades pour donner de belles symphonies avec les chants des jeunes filles venant laver leur linge et soulager leur corps du poids de longues journées de labeur. Ce fut un temps !

Les jardins sont devenus des vergers pollués. L’expansion vers l’Est a été à l’origine de la création de Haï Si Sliman, érigé en vaste bidonville. Mais la construction de 15 000 logements résoudra probablement le problème de bidonvilles.

-Le Moulin Ferrero, construit en 1948 pour moudre le maïs et le blé n’est aujourd’hui que ruines abandonnées. L’érosion et le manque d’entretien l’ont détruit.



-Le tombeau de Dinet était autrefois entouré d’espaces verts magnifiques qui ont été squattés par des occupants qui ont construit illicitement des maisons de fortune. La route touristique, inaccessible pendant longtemps, a été restaurée.



-Le tombeau de l’Emir Khaled, figure de proue de la résistance algérienne qui a transité par Bou-Saâda et y a installéson Q.G.



-La forêt de Djebel Messaôud, plantée de pins et de aâraâr (ou genévrier, plante médicinale unique en son genre en Afrique du Nord) a été endommagée par le déboisement ravageur pour pallier aux conditions climatiques ; l’exploitation abusive du bois et l’extraction du goudron végétal, la chenille à soie, ont mis à nu ces terres qui faisaient l’oasis du monde.



-La zaouïa d’El Hamel a aussi connu une extension où on trouve d’anciennes armes de la résistance appartenant aux émirs ayant trouvé refuge dans ladite zaouïa, comme l’Emir Abdelkader, son neveu l’émir Hicham qui a un mausolée et l’émir Khaled. Récemment restructurée, la zaouïa où dort cheikh Sid El Hamel héberge, outre le fait qu’elle offre des séjours gratuits aux disciples et autres personnes désireuses d’apprendre le saint Coran en 9 mois, la plus riche bibliothèque d’Algérie en manuscrits. «Pas moins de 150 000 manuscrits, dans toutes les sciences, dorment sur les étalages de cette chambre du savoir» assure le vigile de l’enceinte. «C’est un temple du savoir, c’est une richesse pour l’Algérie» clamera ce fidèle du cheikh héritier de la tarika. L’aile aménagée en petit musée couve jalousement des fusils qui appartenaient aux résistants algériens des années 1800 et autres articles vestimentaires.



-Les dunes de sable font partie du patrimoine touristique de la région. Elles sont soumises au pillage et à l’exploitation abusive pour en faire des matériaux de construction. Elles ont disparu à cause du phénomène de fixation ; côté nord, pas de rénovation de dunes. Il existe des poches vides non rétablies.



-La palmeraie qui était, avec ses 15 000 palmiers, le poumon de l’oasis n’en comprend actuellement que 2 ou 3000. Deux facteurs, selon El Hadj Kirèche, notable de la ville, menacent cet espace vert, à savoir la pollution de l’oued qui irrigue les petites parcelles agricoles et le vieillissement des palmiers, aggravé par l’absence de renouvellement. Le manque de reboisement dû à l’appât du gain facile des autochtones : des bûcherons se sont accaparés des palmeraies à l’abandon pour abattre les palmiers et les petits agriculteurs en ont fait des petites cultures comme la salade, les carottes, les fenouils et les oignons.

F. O.



Dernière édition par kachina le 04/05/08, 02:34 am, édité 2 fois

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M. Oubiche, directeur de l’hotel Kerdada

«Nos prestations obéissent aux normes internationales»



M. le directeur, on croit à peine que ce joyau pourrait exister ici avec le faste qu’il offre à ses locataires. Vous avez certainement mis le paquet pour réincarner une maison de cristal en plein cœur de l’oasis ?

Oui, en effet, il faut le faire. Cette région éminemment célèbre mérite de disposer de pareilles structures afin de conforter le potentiel d’accueil pour les touristes venant du monde entier et surtout d’Europe et du moyen-Orient. Notre groupe a racheté l’ancien hôtel pour le restaurer. Un investissement de 20 milliards et une année de travaux de réfection ont été nécessaires pour la mise en place d’une «oasis moderne» au cœur de l’oasis de Bou-Saâda, si vous voulez.



L’ex-Transat, aujourd’hui Kerdada, a la réputation d’un petit Saint-George. Vous vous en êtes inspiré pour assurer la restauration ?

Oui, ce à quoi vous faites allusion est effectivement vrai, puisque l’ancien Transat fut racheté par le groupe des Hôtels El Djazaïr, sachant la valeur du site à valoriser. Le DG a apporté sa nécessaire contribution pour la promotion du tourisme dans la région.



Mais à 24 chambres, vous risquez d’être débordé par le flux de touristes qui connaît une croissance vertigineuse en haute saison. Ne pensez-vous pas qu’il serait judicieux de faire de même pour le Caïd ?

Honnêtement, nous sommes débordés. L’hôtel ne désemplit pas, comme vous dites. Il reçoit des délégations de touristes de partout. Des représentations diplomatiques passent chez nous des week-ends de plaisance, et jouissent de prestations de services de haut standing. Pour revenir un peu à votre question, en effet, on est venu justement, après la réouverture de l’hôtel, solliciter la réhabilitation pas uniquement de l’hôtel le Caïd mais aussi de nombreux autres hôtels afin d’en faire d’autres Kerdada sur des sites touristiques, pas uniquement à Bou-Saâda mais dans d’autres villes également. L’étude des offres s’effectue à la direction générale.



Les touristes, les visiteurs aux moyens modestes, en grand nombre au cours de la basse saison, souffrent par exemple des tarifs exorbitants, notamment pour ce qui est de la restauration. Qu’en pensez-vous ?

Ecoutez, un hôtel quatre étoiles, c’est un quatre étoiles avec tout ce que cela suggère comme prix pour les prestations qu’il offre. Nos tarifs, scrupuleusement étudiés, obéissent à la réputation de la maison Kerdada. Ce n’est pas le site qui détermine les prix, ce sont les prestations de service.



En sus de la disponibilité de toutes les commodités que le confort exige en normes internationales, que peut offrir le Kerdada pour le bien-être des visiteurs qui le fréquentent ?

Comme vous l’aurez remarqué vous-même, l’hôtel bâti sur une assiette de 6 200 m² donne sur un grand jardin cloisonné en plusieurs compartiments dont la terrasse, la piscine et le jardin. Le locataire peut manger sur la terrasse, à la piscine, tout en se connectant sur internet sans câble via le système Wi-fi, qu’offre gracieusement l’hôtel en guise de confort introuvable ailleurs. A la demande des clients, ces derniers peuvent goûter au plaisir du méchoui à la braise qui rôtit sous leurs yeux et à la belle étoile s’il vous plaît. Ceci agrémenté par de la musique et des danses folkloriques locales mondialement connues. On a aménagé un business center qui loue des micro-ordinateurs portables sans fil, des salles pour connection sur le net, des fax et des photocopieurs en cas de besoin. Une salle de conférences pour des séminaires qu’on a équipée à cet effet de toutes les nouvelles technologies de la communication en vidéo conférence, rétroprojecteur et une sonorisation impeccable est à la disposition des clients. On s’atelle à opérer l’aménagement d’une salle de remise en forme pour que le client ne se sente pas lassé, dépaysé ou isolé. Il peut confortablement pratiquer ou continuer de pratiquer son sport. Sans oublier évidemment la lingerie et le service d’entretien qui veille au grain H24. L’eau de la piscine, par exemple, est renouvelée une fois par semaine et est traitée chaque matin, hiver comme en été. Oui, des visiteurs de l’hémisphère Nord comme les Canadiens et autres Russes peuvent atterrir et demander à se baigner. Des Ukrainiens étaient passés par là en hiver et se sont baignés par une température de 8°C en saison froide. Et ils furent surpris de la disponibilité de l’enceinte pleine d’une eau saine et limpide.



Pourquoi lui avez-vous attribué le label Kerdada ?

Par fidélité au site et par respect pour la tradition touristique, il est judicieux de lui donner un nom s’accommodant avec son environnement. C’est dans cet esprit que nous avons substitué le nom de la colline Kerdada, qui protège en quelque sorte l’hôtel des vents de l’est (rires) à celui de Transat ou El Djazaïr qui colle moins avec le site. Les clients peuvent même faire leurs réservations via le net. Marhaba Bikoum.

Propos recueillis par

F.O.



A. Merazka-Haïoun, directrice du Musée Dinet

«Il mérite un sort meilleur»

Grâce à l’empreinte d’une muséologue, l’œuvre et la mémoire de Nasr Eddine Dinet sont entre de bonnes mains. Les Bou-Saâdis attestent que Mme Merazka en prend, depuis son installation, un soin très particulier. Elle ne ménage aucun effort depuis trois ans pour redonner toute sa dimension à ce lieu où vous pouvez découvrir toute une civilisation.

Erigé dans le jardin de sa première maison, jouxtant les djnens de ses proches voisins, le musée fut réalisé le 18 mai 1993 après l’indemnisation des propriétaires de l’assiette devant accueillir le bâti du musée.



Propos recueillis par F. O.



Le musée a changé de look et connaît une activité sans précédent; pourquoi, selon vous ?

En effet, le musée a rouvert ses portes après des travaux de restauration, de modernisation et d’acquisition de nombreux objets dont les 11 tableaux originaux du peintre Nasr Eddine Dinet, qu’on a rachetés avec le concours de Mme la ministre de la Culture, qui nous a grandement aidés.



Que voulez-vous dire par modernisation ?

Eh bien, pour protéger ce joyau qu’on n’a pas le droit de délaisser ou d’abandonner, il faut d’abord l’aménager, le meubler et le protéger. Nous nous sommes fixés, mon équipe et moi, un défi à relever. Le musée est aujourd’hui sécurisé par rapport à l’extérieur par la mise en place de barreaudages, faits dans un style assorti avec le site. A l’intérieur, il est protégé de toutes les tentations grâce à la mise en place d’un système de caméras de surveillance qu’on a placées partout, dans les chambres, dans le hall et à tous les niveaux. Le système fonctionne H24 et 7/7. En plus, un système d’alarme est directement relié au plus proche commissariat, qui se fait un devoir d’assurer régulièrement des rondes en voiture et en faction à tout moment, de jour comme de nuit. Le musée reçoit en toute sécurité des visites organisées et souvent à l’improviste des quatre coins du pays, et notamment des étrangers.



Nous avons remarqué de nombreux élèves et étudiants installés studieusement dans une salle de lecture. C’est quoi, au juste ?

Oui, devant le flux des étudiants et autres lycéens désireux de consulter de la documentation pour effectuer leurs mémoires de fin d’études ou des exposés, je me suis vue dans l’obligation de leur aménager une salle de lecture où ils peuvent s’installer confortablement et étudier. Cette initiative est tellement appréciée et connaît un tel engouement que je pense à son extension. On ne peut laisser dehors des jeunes qui n’ont pas où réviser à l’aise.



Qu’en est-il de l’extension du musée ?

Ah là ! Vous m’emmenez en terrain miné. Il est d’autant plus miné qu’on a à peine réglé le problème de l’expropriation resté des années en suspens. C’était l’énorme obstacle à toute démarche. Nous avons beaucoup peiné pour monter un mur de soutènement lors des travaux de réfection…



Des expositions d’artistes contemporains égayent aussi vos galeries ...

Effectivement, comme vous avez pu le constater, le musée organise régulièrement des expositions de jeunes talents d’ici et d’ailleurs, en collaboration avec les artistes eux-mêmes. Parfois, c’est sur leur demande. Ils sont nombreux à vouloir s’exprimer via cet art légué par le défunt Nasr Eddine Dinet. Il est de notre devoir de les aider et les accompagner en leur offrant un espace pour ce faire. Nous envisageons également, avec le projet de l’extension, de réaliser un espace littéraire qui sera dédié aux poètes, aux nouvellistes et aux romanciers pour répondre dans les limites du possible à une forte demande.



Comment faites-vous pour l’acquisition d’articles d’antiquité et autres objets de valeur auprès des habitants dont on dit que leurs maisons sont construites sur des trésors?

En effet, l’histoire de cette région tellement riche en us et en vestiges nous oblige à monter comme un puzzle pour mieux nous connaître et faire connaître notre civilisation. Seulement certains habitants, qui dorment comme vous dites sur des richesses inouïes, demandent des prix inimaginable que ni le musée, ni le ministère ne pourront payer.

D’autres, plus épris de valeurs universelles et moins avides, contribuent gracieusement à l’enrichissement du musée qui est en fait le leur. Nous faisons de notre mieux.

F. O.

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kachina


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Redonner à Bou-Saâda ses lettres de noblesse

Bou-Saâda est racontée par les siens avec passion, avec amour et avec fierté. Mais les Bou-saâdis qui reconnaissent en vous l’étranger, le curieux, vous saluent courtoisement, comme pour vous indiquer le chemin à suivre, et les regards bienveilants de ces gens simples vous invitent à séjourner et vous souhaitent la bienvenue.

Pour en savoir plus sur cette ville au patrimoine universel, nous avons eu le plaisir de rencontrer deux hommes qui ont eu le mérite d’avoir vécu toute l’époque post-coloniale et sont témoins d’une ville aux soubassements fragiles et victime d’un abandon presque total qu’elle ne mérite pas, MM. Mohamed Boudiaf et Kirèche Tahar Mohamed. Le premier est ex-responsable de l’Office du tourisme local (qui n’existe plus) et le deuxième est propriétaire d’une agence de voyages. El Hadj déplore que l’activité de sa boite ait tourné à la billeterie par ces temps où l’on parle de tourisme. Trainant ses projets, restés lettre morte à cause du non-octroi de prêts bancaires, il assure que Bou-Saâda pourra devenir, par la volonté des hommes, la plaque tournante du tourisme saharien dans cette région. Nos interlocuteurs nous rapportent, non sans amertume, que Bou-Saâda a toutes les possibilités touristiques qui ne demandent qu’à être optimisées. Mais elles ne peuvent être rentabilisées que «si des mesures sont prises pour améliorer les conditions de séjour des touristes et autres visiteurs». Rencontré au bureau de Mme Merazka Haïoun, M. Mohamed Boudiaf, un spécialiste ayant longtemps exercé dans le secteur du tourisme propose – en fin connaisseur de la région, de ses richesses et de ses besoins – aux autorités entre autres la création d’un centre de traitement du rhumatisme par bains de sable avec une équipe médicale sur place, la création d’une crèche susceptible de prendre en charge les enfants des familles en visite à Bou-Saâda, l’organisation d’activités culturelles variées laissant au touriste le choix entre différentes options qui le sollicitent : conférences, diffusion de films algériens avec débats, bibliothèque disposant d’un riche fonds sur la région avec organisation de visites commentées dans les ateliers d’artisans avec dégustation de mets traditionnels, etc. sans oubler l’artisanat traditionnel authentique tel que le métier à tisser qui fit longtemps la renommée de l’oasis et qui doit être encouragé. Les autorités doivent mettre en place des structures et un personnel qualifié maîtrisant les langues étrangères pour inciter les touristes étrangers à visiter Bou-Saâda et à y revenir. Pour El Hadj Kirèche, comme on l’appelle, il y a urgence de prendre en charge la réalisation d’un réseau d’intervenants en partenariat entre les agences de voyages, un club de guides, des hôtels et des sociétés de transport pour les touristes pour travailler en collaboration et assurer une chaîne garantissant des séjours agréables. Ayant longtemps vécu dans l’émigration et connaissant les fantasmes des citoyens du Nord, il insiste quant à lui sur la réalisation des espaces de loisirs envisagés par la daïra tels le golf miniature dans les parcs des hôtels, le club hippique, les itinéraires de promenade à pied, les circuits pour chameaux et méharis, comme c’était le cas dans un passé récent.

F. O.



A la recherche de la Baraka

Un plateau de tournage idéal

Bou-Saâda, pour ceux qui ne la connaissent pas, faisait et fait encore la joie des grands metteurs en scène qui la choisissaient pour le tournage de leurs longs et/ou courts métrages américains et européens. Ils en ont fait longtemps un grand studio cinématographique à ciel ouvert. Très convoitée, l’anecdote raconte que Hollywood avait même proposé dans les années 1960 de racheter toute la ville pour en faire une plaque tournante de la production cinématographique mondiale. Bou-Saâda offre du point de vue du septième art un plateau de tournage idéal. Les spécialistes vous diront qu’on n’a pas besoin de projecteurs pour éclairer les plateaux, plus parfaits de jour comme de nuit que ceux imaginés par ces metteurs en scène qui ne laissent rien au hasard. Les grandes maisons de fabrication automobile mondialement connues préfèrent, selon les Boussaâdis, venir à Bou-Saâda pour effectuer les essais de leurs nouveaux modèles ou faire leurs promotions…en spots publicitaires made in. Comme pour rechercher la baraka de cette terre !

F. O.



Et pourtant, rien n’y manque…

La fuite des cadres puis l’exode interne ont fait perdre à Bou-Saâda quelque peu ses repères et marginalisé le tourisme. Elle accuse, contrairement à sa réputation, un lourd passif en manque d’infrastructures pouvant accueillir le flux de visiteurs dans les recoins de cette contrée. En l’absence d’un office du tourisme, d’un centre culturel, d’une salle de spectacles, d’une maison de jeunes, le musée Dinet et l’hôtel Kerdada constituent les deux seuls édifices défenseurs du tourisme dans la région. Ils continuent à prendre en charge un fonds touristique considérable, perpétuant des traditions touristiques.



-Les routes : Vers l’est comme vers l’ouest, du sud ou à partir du nord, la route vous aide à remonter confortablement les chemins menant vers ce paradis perdu. Tous les chemins mènent à Bou-Saâda.



-L’ex-Transat (4*): devenu hôtel Kerdada après son rachat par le groupe El Djazaïr (ex-saint George) joue un rôle prépondérant dans la relance du tourisme intérieur, avec ses sorties organisées, ses randonnées du week-end, ses visites d’ambassadeurs attirés par le climat sec, l’air pur et la luminosité de la ville. Racheté par l’hôtel El Djazaïr, il met à votre disposition toutes les commodités modernes dont le wi-fi, les high-tech et tous les plaisirs de l’art culinaire qu’on ne trouve qu’en cette cité idéale qu’est Bou-Saâda (voir l’entretien express avec son directeur).

Tous les chemins mènent à la cité des Neilis.



-L’hôtel El Caïd (3*), incendié par des terroristes, peut se réapproprier son rôle d’antan pour renouer avec l’hospitalité après avoir perdu de sa vocation touristique.



-L’hôtel Beauséjour (1*) peut aisément accéder au rang (2*) en l’adaptant aux normes hôtelières telle que l’exige la tradition touristique.



-Les bains maures continuent, à prix dérisoire, à héberger les visiteurs des l’Algérie profonde.



-L’auberge de jeunes : la seule qui peut être renforcée par la construction d’une deuxième, voire une troisième, pour booster une dynamique naissante du tourisme scolaire et parascolaire que connaît Bou-Saâda.



-L’aéroport de Bou-Saâda en voie d’extension peut offrir l’aubaine d’un vrai décollage du tourisme dans la région qui souffre énormément du manque d’infrastructures.

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