BOU-SAADA

Bou-Saada mérite son nom plein de promesses; si le paradis est dans le ciel, certes il est au-dessus de ce pays, s'il est sur terre, il est au dessous de lui.


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BOU-SAADA » Ce qu'ils en disent » La femme... autrement vue

La femme... autrement vue

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1 La femme... autrement vue le 29/09/07, 02:49 am

kachina


mordu
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La femme... autrement vue

par Farouk Zahi
(Le Quotidien d'Oran)

Un frémissement d'orgueil national est peut-être en train de se produire.
Et devinez par l'entremise de qui ? Par celle de nos comédiens et humoristes.
N'est-ce pas là la mission première dans l'éveil des consciences d'un homme de l'art ?

Hamid Achouri qui invitait la chanteuse populaire Bariza sur un plateau de « El Bahdja», disait et à juste titre que nous sommes les constituants de l'unique société, du monde arabo-musulman probablement, qui pratiquent encore l'invective et l'insulte blasphématoire à la cantonade. Il n'a assurément pas tort ! Pour rappel, le choc subi par Majda Roumi en tournée dans notre pays, pour avoir entendu des insanités proférées par une grande vedette de la dramaturgie nationale.

Ce lamentable exercice dans le registre de la déliquescence morale n'est pas fait, une fois encore, pour pavoiser. Certains parmi nous seraient-ils à court d'arguments de civilité pour se comporter en gent primaire ? Quant à Bariza qui présentait son dernier tube, il y aurait lieu de s'incliner révérencieusement à l'énoncé du thème abordé. Il s'agit du harcèlement sexuel des femmes. Le pratiquant et pas n'importe lequel, n'est autre que le boss, le patron ou le chef.

C'est pourquoi, il est fait obligation à ce propos de relever une multitude de traits de caractères qui font encore que tant qu'on parlera de la femme dans sa connotation biologique, la société n'est pas prête à se départir de ce machisme sexiste. Il est impératif de voir à travers la femme côtoyée tous les jours, ses propres mère, soeur, nièce, belle-fille, fille ou épouse. Ce n'est qu'à ce prix-là que la gardienne des valeurs morales pourra être prémunie des dérives instinctives. L'environnement lui-même est biaisé. Observons les salles d'attente, les toilettes et autres lieux publics, la différenciation est consignée par « Femmes » et « Hommes ». Il est encore difficile de prononcer ou même d'écrire : « Dames » ou « Messieurs ». Dans les guichets des postes, des assurances et même des banques, on interpelle à voix haute les personnes par leur seul nom. Est-il aussi éprouvant de faire précéder le nom de la personne, par un « Madame » ou un « Monsieur » ? Apparemment oui ! Cette dyslexie doit avoir pour origine un particularisme psychosocial que nos chercheurs spécialisés se doivent de mettre à nu. Il faut cependant reconnaître qu'il échoit à la seule responsabilité de la femme de s'être enfermée elle-même dans ce carcan psychologique. Belle-fille, elle fera tout pour se libérer de l'emprise de sa belle-mère. Mère, elle favorisera le fils au détriment de la fille. Ce fils fera l'objet de toutes les sollicitudes dues à son rang de mâle. Sa soeur, qui va comme lui au lycée ou au travail, aura plus de tâches que lui, pour la simple et bonne raison qu'il n'a pas de plan de charge domestique. Il sera nourri, blanchi « à l'oeil ». Sa part à table est plus généreuse; il ne fera pas un seul geste pour desservir, encore moins celui de faire la vaisselle. Revenant « harassé » du dehors, il s'affalera sur le lit fait par sa mère, sa soeur ou sa femme; il exigera en plus, que l'on ne fasse pas de bruit. Elles devront se rappeler que son sommeil est hyperléger. Il ne doit être réveillé, pendant le Ramadhan, que quelques instants avant le « medfa'a » (coup de canon : ancienne pratique, annonçant la rupture du jeûne).

Cette domination « faunesque » remonte à très loin dans le temps, bien avant la naissance du mâle. L'avènement de l'échographie a fait gagner beaucoup de temps.

On n'espère plus un garçon, on l'attend avec tout le cérémonial d'usage. La future maman se valorise aux yeux de l'entourage, aussi bien immédiat qu'éloigné. Elle ne sait inconsciemment pas, qu'elle rajoute un autre stigmate à sa condition féminine. Dans les services de maternité moderne, pourtant féminisés, les youyous sont plus sonores et les congratulations plus chaleureuses à la naissance du petit mâle.

La fillette aînée recevra des remontrances et parfois même des bastonnades, pour ne pas avoir fait attention à son petit bébé de frère. Elle aidera sa maman dans l'élevage du petit « monstre », en le langeant, le biberonnant et en le bichonnant. Il le lui rendra mal, plus tard. N'a-t-on pas assisté, une seule fois au moins, à des voies de faits exercés sur la propre soeur, pour « crime de lèse-majesté » ? La bru se plaignant de la soeur, la correction verbale ou physique ne se fera pas attendre de la part du frère. N'a-t-on pas entendu parler de ces « Céline » qui ont tout sacrifié, pour le bonheur de leurs jeunes frères, parfois orphelins ? Que s'est-il passé donc pour que cette dichotomisation de la société prenne des proportions qui n'augurent d'aucune éclaircie ? Il n'y a pas si longtemps, on s'adressait par un « Yamma » à la dame d'un certain âge, un « Yaoukhti » pour celle de notre génération et « Yabinti » pour celle qui pouvait être notre fille. Cette marque de déférence traçait déjà les contours d'un comportement respectueux, intransgressible. Il est devenu fréquent d'entendre çà et là des entretiens discursifs, diabolisant la femme. Cette conviction acquise ouvre la voie à la vindicte en se faisant un point d'honneur de malmener « Ibliss ». Les voies et moyens importeront peu. Il est remarquable aussi de constater qu'il suffit de disposer d'une voiture pour accoster des dames qui pourraient avoir l'âge de notre ascendance ou de notre descendance. Ce dernier cas est, malheureusement, le plus fréquent. Sur certains lieux de travail ou de formation, cette déviance est érigée en règle. Il s'est trouvé même des fetwas, venues d'on ne sait d'où, pour préconiser à la femme travailleuse de donner le sein à son collègue mâle... pour se prémunir de la tentation de la fornication. Foutaises que tout ça ! Se pourrait-il que ces lieux, jadis sacrés, deviennent des moyens de coercition pour assouvir de bas instincts. Et c'est le moins que l'on puisse en dire ! Par cette pratique licencieuse et lâche, il est enregistré quelque 3.000 nouveau-nés par an, issus de relations extraconjugales. Les femmes célibataires viennent, pour la plupart, de milieux défavorisés. La déchéance économique est pour beaucoup dans cette décrépitude des moeurs. Il est évidemment établi que la responsabilité est partagée, mais elle demeure néanmoins à l'avantage du harceleur. L'inclination actuelle de la bonne conscience consiste à dire que le législateur n'a pas omis cette perversion. Les textes existent, il « n'y a qu'à les faire appliquer ! ». Il suffit de dénoncer par un dépôt de plainte !

Peut-on imaginer une jeune secrétaire, subvenant aux besoins d'une nombreuse fratrie, ester en justice son chef ? A-t-elle d'abord les moyens de s'en ouvrir à un proche ? Ses allégations seraient-elles prises au sérieux, compte tenu de la moralité, feinte et affichée à la fois, de l'antagoniste ? Comment pourrait-elle avoir l'outrecuidance de porter de graves accusations à l'encontre de « El Hadj F'len » ? Ce serait tout simplement de l'hallucination hystérique. Les laudateurs de tout bord lui prêteront même des intentions maritales qu'elle ambitionnerait. Le statut social du mis en cause est tout indiqué pour nourrir un tel dessein ! De velléitaires tentatives de dénonciation ont toutes lamentablement échoué. Même la hiérarchie reprochera à la plaignante sa précipitation et son manque de discernement. Et même si c'eut été vrai, avait-elle le droit de livrer celui qui aurait pu être son père à l'opprobre de la condamnation ? Aurait-elle oublié que cette respectable personnalité est père d'une famille très connue sur la place ?

Il ne sera nullement surprenant de voir « cette fille » livrée à toutes les intrigues attentatoires. L'environnement humain, subitement hostile, ne lui laissera pas beaucoup de choix. La démission lui sera proposée comme une bouée de sauvetage, à l'effet de la pousser vers la porte de sortie, sans aucune autre forme de procès. Les préjudices matériel consommé et moral entamé, il ne lui restera que ses yeux pour pleurer... La descente aux enfers sera inéluctable. Happée par la tourmente, sa condition humaine loqueteuse interpellera plus d'une conscience.

Mais il ne faut guère se faire d'illusions, je vois d'ici des sourires moqueurs ou des rires, carrément sarcastiques, «hoqueteux» et éraillés. Mais pour qui se prend-il ce vieux schnock moralisateur d'un autre âge ? La femme s'est depuis longtemps émancipée, elle participe par son travail à la vie active du pays, elle est ministre, elle va à l'université et tutti quanti. Elle est majeure ! N'est-il pas honteux de voir ces vieux maraudeurs ventrus, portant postiche, grosse chevalière au doigt et chaîne platinée grosse comme une corde, affalés dans leur carrosse rutilant, guettant, l'oeil glauque et concupiscent, la sortie d'étudiantes de leur campus ? Cette jeune victime, qui n'est souvent pas à l'abri du besoin, tombera dans l'escarcelle du trappeur, qui usera de persévérance, de patience et surtout de brillance. Le jeune désargenté est autant victime que sa fiancée, qui s'est fait séduire. La suite est connue de tous... Leurs filles à eux, rentrent tous les soirs à la maison, elles ne découchent pas.

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