BOU-SAADA

Bou-Saada mérite son nom plein de promesses; si le paradis est dans le ciel, certes il est au-dessus de ce pays, s'il est sur terre, il est au dessous de lui.


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Le chaâbi, le blues algérois

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1 Le chaâbi, le blues algérois le 21/10/10, 09:29 pm

oultem


Bavard
Bavard
Ce genre musical né dans la casbah, qui mêle instruments orientaux du classique arabo-andalou à d’autres venus d’Occident. Le chaâbi naît au début du XXe siècle au coeur de la casbah, à Alger. Chaâbi veut dire « populaire » en arabe. Ce genre national constitue le versant rugueux de la musique savante issue de la grande culture arabo-andalouse médiévale.

Les premiers musiciens de chaâbi sont des gens des campagnes venus peupler les villes. Beaucoup sont kabyles. Les maîtres de cet art relativement récent ont pour nom Cheikh Nador, puis Cheikh El Hadj Mohamed El Ankara et aussi Cheikh Hasnaoui (qui vient de mourir à l’île de la Réunion).

Après la vague d’immigration des Maghrébins, venus en France pour trouver du travail, le chaâbi gagne Paris via Marseille. Il se chante et se joue dans les bistrots des banlieues industrielles. Dahmane El Harrachi (1925-1980) - dont le fils Kamel (vingt-huit ans) est le ténor incontesté des années cinquante quand le chaâbi s’adresse en priorité aux Algériens loin de chez eux. Dahmane El Harrachi chante l’exil intérieur et l’exil extérieur, les difficultés de la vie quotidienne loin de la mère patrie, les tourments de l’amour, la nostalgie du bled.

El Harrachi, qui a quitté Alger pour s’installer en France en 1949, meurt dans un accident de la route. Le chaâbi, sans disparaître tout à fait, marque le pas. Dans les cafés de la ceinture parisienne, il résiste cependant et les amateurs prennent l’habitude de se retrouver le samedi soir à Montreuil.

L’explosion du raï lui porte ombrage, mais depuis quelques années, de jeunes gens reprennent le flambeau. Kamel El Harrachi, par exemple, est de ceux-là. Il est joueur de mandole. Né à Alger après l’indépendance, il réside en France depuis six ans.

Le chaâbi mêle les instruments orientaux du classique arabo-andalou à d’autres venus du classique occidental. On y trouve le derbouk (percussions) et le tambourin, mais aussi le mandole (sorte de grosse mandoline aux sonorités de guitare, munie de quatre cordes doubles en métal), le violon et bizarrement le banjo, sans oublier le piano. Alger est réputée pour ses pianistes et ses accordéonistes.

Les joueurs de chaâbi utilisent toujours leur violon à la verticale comme ils maniaient, jadis, le gimbri qui n’a plus court. Quant au mandole, il a remplacé l’oud, le luth moyen-oriental. Il n’est pas rare d’entendre aussi le piano à bretelles. En revanche, aucun instrument électrique n’est admis, hormis parfois le clavier (pour les quarts de ton), à l’inverse du raï, né à Oran.

Les chants du chaâbi, portés par l’idiome algérois ou berbère, se nourrissent de poésie ancienne mais aussi de textes originaux fiévreusement actuels. Avec, toujours en toile de fond, l’écho du patrimoine, la plainte ancestrale, le pays qui vous manque. Selon le musicien et joueur d’ukulélé Cyril Lefebvre, « les gens attaquent fort, s’expriment violemment, ce qui rapproche à certains égards le chaâbi du blues ». Le chaâbi va, à coup sûr, casser la baraque !

Résumé de l'article de l'Humanité par Muriel Steinmetz.

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2 Re: Le chaâbi, le blues algérois le 19/12/10, 10:36 pm

benaziez R


Langue pendue

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3 Le chaâbi, le blues algérois le 21/12/10, 01:10 pm

Jacqueline


Super Posteur
Super Posteur
Merci d’avoir remis l’article sur le chaâbi envoyé par Oultem en correspondance avec le mien, je n’aurais pas su faire le rapprochement qui semble évident. J’ai donc relu cet article avec l’éclairage de ce que j’avais entendu et ça m’a parlé. En regardant de près on voit aussi qu’il y a la même manière de tenir le violon, droit.
Le chaâbi est cependant né des chants traditionnels, donc « relativement récent » . Les chants que j’ai entendus avaient cela de particulier que le volume instrumental semble moins important que dans le chaâbi
(il ne couvrait jamais les voix) , tous les musiciens étaient aussi chanteurs et le groupe savait utiliser les différences de modulation des voix. C’était plus la recherche d’une performance vocale.
Vous pouvez rechercher le groupe Rassegna » (qui vient de rassembler en italien et peut-être en d’autres langues).
En échange, ce serait gentil de mettre sur le forum des vidéos sur le chaâbi, vous saurez mieux que moi trouver les plus caractéristiques. Ou alors indiquez moi des auteurs à chercher. Merci d’avance pour le petit concert en perspective, j’écoute très volontiers de la musique algérienne, je mets parfois Idir en boucle….mais pas seulement, alors si je peux en ajouter.....

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4 Re: Le chaâbi, le blues algérois le 08/08/14, 03:26 am

autoweb


Nouveau
merci bcp

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5 Re: Le chaâbi, le blues algérois Aujourd'hui à 03:13 am

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