BOU-SAADA

Bou-Saada mérite son nom plein de promesses; si le paradis est dans le ciel, certes il est au-dessus de ce pays, s'il est sur terre, il est au dessous de lui.


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La planification locale administrée.....

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Benaziez


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La planification locale administrée Rusticité et dommages collatéraux
Le Quotidien d'Oran édition du jeudi 15 juillet 2010

par Farouk Zahi
«Le gouvernement de l'homme par l'homme, sous quelque nom qu'il se déguise, est oppression.» Pierre Joseph Prudon

Quand, une entité administrative de souveraineté, tourne le dos à sa profondeur territoriale, elle ne fait qu'exacerber les tensions sociales générées souvent, par l'absence d'anticipation dans l'acte de gestion quotidien. Barrer les routes par des herses de fortune et des pneus enflammés, n'est pas moins qu'un appel de détresse. On trouve couramment, sur les «barricades», des femmes et des enfants, ce qui dénote déjà du tacite consensuel.

Il y a de cela, à peine quelques mois, la rue bouillonnait à Médina(1). Elle venait d'apprendre que son projet de centre universitaire de 8000 places pédagogiques, serait délocalisé au profit de Assima (2), le chef lieu de wilaya. Vérité ou canular, seul l'avenir nous le dira. Une instance scientifique locale, aurait rendu ex cathedra son arrêt, arguant que la partie sud de la wilaya aura sa propre université, dès la prochaine réorganisation territoriale ?! Annoncée pour bientôt par la vox populi, celle-ci ferait changer inévitablement le statut administratif de la vieille sous-préfecture érigée à la fin des années cinquante du siècle dernier. La messe est ainsi dite ! Si, lors du gavage en projets du chef-lieu et de sa périphérie, le motif invoqué tenait plus ou moins la route ; le statut de daira ne permettant pas beaucoup d'ambitions, les administrés faisaient volontiers preuve de patience et s'en accommodaient. Les considérants avancés présentement s'inscrivent beaucoup plus, dans le registre de la pirouette que dans celui de la rationalité. Il existe des dairas qui n'ont pas décliné d'autre statut que le leur, pour devenir des sites universitaires. Est-ce de droit divin de s'approprier les richesses de la communauté nationale pour en faire des acquis irréversibles ? Et, ils le sont déjà ! La décentralisation débridée de certaines décisions de portées socio-économique et culturelle, continuent d'influer négativement sur de grands bassins de population rendus marginaux par la seule volonté des hommes. Cette procédure de planification a, d'ailleurs, scindé la circonscription territoriale, en Nord suréquipé et en Sud traînard broyant du noir en se suffisant de son exotisme. Ce «wilayo-centrisme», ne date pas d'aujourd'hui, il remonte aux années 80 où la population qui s'est, légitimement, sentie lésée par le découpage administratif de 1974, a manifesté son souhait de se libérer de l'emprise d'un chef-lieu vorace. Les chances d'envol économique étaient sensiblement égales, aussi bien pour l'une que pour l'autre agglomération. Malheureusement, c'était compter sans les relents grégaire et émotionnel de certaines chapelles.

La grogne a atteint son paroxysme en 1989, lors de manifestations populaires où la revendication de changement de statut administratif était portée, autant par le prospère négociant que par le chômeur ordinaire. Tout le monde avait compris que l'amélioration des conditions socio économiques et la promotion culturelle, passaient indubitablement par la promotion administrative. Il faut reconnaître que les us de la machine bureaucratique, n'étaient pas faits pour influer sur les intimes convictions. Les élus, légitimes représentants de ces multitudes, ne feront pas mieux en matière de perception des pulsions de leurs mandataires, encore moins, en les restituant fidèlement aux décideurs. Temporairement apaisées par des promesses non tenues, ces revendications se sont exacerbées par le comportement de commis de l'Etat et mêmes d'élus au niveau du chef-lieu, s'exerçant à la moindre occasion, à la raillerie et aux attitudes humiliantes. On a même affublé, la «nouvelle wilaya», d'une numérotation nationale virtuelle. La déception s'est transformée au fil du temps, en résignation en dépit de la récente dynamique de développement que tentent d'imprimer, les autorités locales actuelles. La béance du hiatus entre les deux entités géographiques, créée par l'artifice du déni, est telle, qu'il sera difficile à toute bonne volonté de la combler. Et s'il fallait illustrer la situation à laquelle ont abouti certaines décisions d'apparence anodines et relevant du fonctionnement « normal» d'une structure de souveraineté, en voici quelques illustrations. En juillet 2006, la commission de l'industrie de l'Assemblée Populaire de Wilaya, a approuvé la création d'une deuxième zone industrielle. La nouvelle zone de 426.275 m2 couvrira la partie nord du chef lieu. Oui ! la partie nord de la commune du chef- lieu. Assima, commune chef-lieu d'une wilaya qui couvre 47 communes dont près de 40% gravitent autour de Médina est, évidemment, la moins déshéritée pour bénéficier d'une telle largesse. La dernière agglomération se contentera d'un passé touristique effiloché et d'une agriculture de subsistance, même son marché de gros en fruits et légumes annoncé depuis longtemps, n'a pas encore vu le jour.

Pour revenir à cet «innocent» et énième petit investissement, la nouvelle zone industrielle, phagocytera 8,17% de l'enveloppe globale du programme inscrit, dans le cadre du plan de développement dit des Hauts Plateaux pour la wilaya. Est-il rationnel et équitable de consacrer plus de 10% d'une enveloppe financière destinée à près de 1 million d'habitants à une aire qui recevrait 78 lots d'éventuels investisseurs ? Cet investissement a créé une irrésistible attractivité de la nouvelle zone par un phénomène d'aspiration de certains projets privés qui pouvaient absorber des dizaines de désoeuvrés dans des communes moins loties. Ce paradoxe a été généré par la disponibilité in situ de grands débits d'énergies gazière et électrique ; faut-il noter au passage, que cette coïncidence ne saurait relever du fortuit ? L'exemple le plus illustratif, selon des sources dignes de foi, serait l'implantation d'une usine de rond à béton dont l'investisseur n'avait d'autre choix que de se plier à la contrainte énergétique. L'unique et probable exception est sans nul doute la cimenterie dont l'implantation ne pouvait, impérativement, répondre qu'à la proximité du gisement de marne. Un ancien membre de cette auguste assemblée se rappelle encore qu'à la création de cette nouvelle wilaya qu'on se plaisait à appeler «fatia», le souci de chacun des membres était, «d'arracher» un projet pour chacune des communes, à l'effet de les soutirer progressivement de l'enclavement et du sous équipement. S'il fallait encore des pôles économiques ou éducatifs pour la wilaya, la commune de… aurait été plus indiquée, de par sa position géographique axiale et son atout aéroportuaire (Aérodrome ) et qui n'est, actuellement, d'aucune utilité. A ce propos, on vient d'apprendre qu'un nouvel aérodrome est prévu pour le chef-lieu de wilaya distant du premier, de quelques kilomètres à peine. Cette réplique, «tuera» à jamais l'actuelle infrastructure. Quant aux moyens de transport, le chef lieu vient être relié à la capitale par autorail ignorant superbement la profondeur territoriale. La ligne de Constantine, récemment inaugurée en grande pompe, a été «ajournée» pour insuffisance d'affluence.

De toutes les wilayas du pays, celle qui nous intéresse aujourd'hui, se distingue par son particularisme bicéphale. Ses deux centres urbains d'égale importance démographique au départ, se disputaient sainement le leadership local. Médina en pôle position de par sa situation géographique centrale, traversée par deux routes nationales, vit un marasme socio économique imposé par la posture statutaire dominante de Assima. Le déséquilibre a commencé lors de la création de la première zone industrielle au chef-lieu. Il est d'ailleurs rapporté dans la même session (APW) que cette zone industrielle a bénéficié de 200 millions de dinars pour sa bonification en 1998 sans résultat d'ailleurs. La dramatique déstructuration de la famélique zone d'activité de la deuxième agglomération a été, par contre, sans appel. La création du centre universitaire devenu université avec ses 12.000 places pédagogiques, a creusé davantage l'écart. Ce déséquilibre sera plus criard avec le nouveau campus universitaire de 20.000 places pédagogiques. Véritable pôle économique, il absorbera à lui seul la population désoeuvrée du chef lieu de wilaya. Il consommera des biens et services équivalents à ceux d'une ville moyenne. L'Agence de l'Emploi locale de Médina, aurait enregistré au mois de janvier, près de 15.000 postulants dont une grande majorité de diplômés. Décidément l'aisance financière du pays a ouvert de nouveaux appétits, jusqu'à inscrire des projets répétitifs. Tout observateur impartial, remarquera à loisir que cette implantation confortera l'étudiant des environs immédiats du chef-lieu dans son confort d'externe en condamnant l'étudiante du sud de la wilaya au pensionnat, avec ce qu'il implique comme désagréments et dérives. Que l'on ne se méprenne surtout pas sur nos intentions, celles-ci, ne sont ni bellicistes ni séparatistes. Elles ne participent que du souci de justice humaine et d'équité sociale. Les rancoeurs croissent dans le lit de l'iniquité, surtout quand celle-ci élude les appels qui fusent çà et là et de manière lancinante. Les mêmes observations peuvent être formulées sur le plan régional. Il est remarquable à ce titre, que l'on relève les mêmes scories qui ont émaillé la planification administrée locale. Il est aisément décelable, que la densification infrastructurelle d'une région est une véritable injure au dénuement de l'autre, pourtant voisine et de même configuration socio-culturelle.

Sans intention délibérée de remettre en cause les études prospectives supposées adosser ces réalisations, celles-ci ne peuvent être sereinement opposées au raisonnement de l'usager habituel. Dès que l'équilibre est rompu, aucune circonvolution cérébrale, ne peut résister au bon sens rural d'essence pastorale. Malgré les bouleversements sociétaux induits par l'éducation et la communication, surtout satellitaire, la planification administrée continue, en toute bonne foi de sévir. Nous savons, par avance, que d'aucuns seront tentés d'opposer à nos propos, une profuse nomenclature de projets destinés à la partie sud de la wilaya. S'il est vrai que les enveloppes budgétaires sont souvent conséquentes, il est tout aussi vrai que les choix économiques sont aux antipodes des besoins exprimés par de larges franges de la population à savoir : une activité économique à même de générer des richesses durables. Malheureusement, ce n'est pas le cas ; il ne s'agit le plus souvent que de réalisation de logements sociaux à concours définitif ou d'aménagements urbains. La ville nouvelle de Médina, en dépit du nombre impressionnant d'unités d'habitat réalisées, présage de la naissance d'un faubourg urbain à la lisière de la marginalité. Le président de la République a, lui-même, stigmatisé cette urbanisation, qu'il a qualifiée à juste titre, de bombe à retardement. Les dérives socio urbaines observées jusque là dans les métropoles du Nord, essaimeront dans les Hauts Plateaux, jusque là relativement épargnés si ce n'est déjà fait. La centaine de logements dits «Cnep», réalisée depuis près de quinze ans est livrée jusqu'à ce jour aux aléas de la dégradation. Le citoyen qui souffre de promiscuité, ne pourra jamais admettre le motif fut-il d'ordre légal, qui fait que ces logements demeurent inoccupés. La passivité de la machine bureaucratique, entame invariablement son crédit. En ce qui concerne le côté culturel et sportif, le marasme est plus que chronique. Medina qui disposait de deux salles de cinéma, dont l'une était des plus anciennes salles du pays et d'un hippodrome dans le turf était connu dans toute la région, n'existent plus depuis les années soixante du siècle dernier. Le sport équestre a depuis longtemps quitté la mémoire de la ville et ne constitue plus qu'un souvenir étriqué de quelques anciens. L'immense vivier culturel, à défaut de Maison de la culture, végète dans des lieux inappropriés relevant plus de l'initiative privée que publique. Les repères culturels de la cité, sont lamentablement translucides. La place publique, jadis ouverte et aérée, est présentement mitée par de hideuses bâtisses et un marché informel faisant dans le commerce de bazar. Impuissants, les commerces légaux geignent sous l'emprise d'envahissants étals hétéroclites ; ils espèrent encore, le sursaut salvateur de l'Autorité.

Célèbre par ses atouts naturels, Médina, ne constitue actuellement qu'un faire-valoir de visites beaucoup plus protocolaires pour chancelleries étrangères, qu'un véritable pôle touristique attractif. Hormis son célébrissime hôtel sauvé in extremis par le groupe El Djazair, les autres, tombent en ruine sous la déprime générale des initiés, le cœur gros comme çà ! Grosse agglomération urbaine(130.000 hab), la cité dont la population dépassait en 1974, celle du chef-lieu, est soumise en matière de transport au diktat des taxis et des clandestins. Aucun transport en commun urbain, à part une poignée de vieilles guimbardes dont la date de «péremption» est largement dépassée. Le chef-lieu par contre, est triplement chanceux, il dispose du transport en commun communal, du transport urbain à l'instar des grandes métropoles et du transport universitaire. Même les entités nationales, à l'exemple d'Air Algérie, ne dérogent pas à la règle du centrisme wilayal. Son agence, l'une de ses plus anciennes représentations locales, a été sacrifiée en dépit de l'importante communauté expatriée et par conséquent son chiffre d'affaires florissant. L'intention du planificateur national n'a jamais été de suréquiper les agglomérations à statut de chef-lieu, mais les bassins de population en tenant compte de la densité démographique érigée en norme arithmétiquement neutre. Sans cette perception, les équilibres souhaités s'inscriront beaucoup plus dans la virtualité statistique que dans le vécu au quotidien des composantes sociales locales. L'approche de planification qui n'a pas encore tenu compte des besoins sociaux spécifiques aux groupements humains, ne fera que retarder les frondes qui se suivront et ne se ressembleront pas. La dérive, dans ces cas, ne pourra être qu'aventureuse. Le cas de Berriane dont les relents ne sont pas qu'exclusivement communautaires, essaimera sous l'œil impavide de décideurs qui n'auront pas su percevoir au moment opportun, les signaux annonciateurs du désordre annoncé.

(1) et (2) noms fictifs de cette vielle cité médiévale et de son siège de wilaya




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"Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien."

Socrate
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2 Si Kerdada parlait? le 27/07/10, 04:12 pm

bensliman


Nouveau
Salam Ya Khouya Farouk,notre wilaya c'est comme le monde contemporain y'a le nord (industrialisé'université'auto route'chemin de fer'offre d'emploi varié ..... ) et le sud(Afrique' bonne pour les safari a ferrero,les habitats les décharges sauvages ont remplacés mes toiles de Dinet.... )ou les hommes meurent par des piqures de scorpions qui cohabitent avec eux et les enfants par les diarrhées.Seules lieux de fuite les Mosquées 'hamdou li laah' ils sont plus de 40 d'une capacité de 50 000 places, au nombre des chômeurs et des miséreux. cité SAADA est une cité de toutes les misères. ILs tournent le dos pendant combien de temps ,Djebel kerdada ne bougera jamais comme le chantait maitre Khelifi. la cité retrouvera sont bonheur perdu.

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