BOU-SAADA

Bou-Saada mérite son nom plein de promesses; si le paradis est dans le ciel, certes il est au-dessus de ce pays, s'il est sur terre, il est au dessous de lui.


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BOU-SAADA » Le Café du Village » hommage, deuxième partie 1

hommage, deuxième partie 1

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1 hommage, deuxième partie 1 le 17/06/10, 01:26 am

CHERIF Ali


Langue pendue
Oui, nous vous avons aimés, vous qui veniez d'autres cieux que celui de Bou-Saâda. Il nous importait bien peu que soyez venus d'autres régions d'Algérie ou d'autres régions de France ou d'ailleurs. Nous ne vous demandions ni de vous intégrer, ni de vous assimiler, encore moins de vous convertir! Nous vous demandions seulement d'être vous-mêmes et d'être sans malice dans votre rapport à nous; et vous le fûtes tous, sans exception! Car le génie de Bou-Saâda a toujours été de parier sur l'innocence et cette innocence a toujours constitué, pour celui qui visite notre ville, un énorme pouvoir d'attraction et d'attachement. C'est ce pouvoir qui a fait que, à votre tour, vous nous avez aimés, n'est-ce pas?

C'est cet amour partagé qui a poussé Etienne DINET, le peintre orientaliste bien connu, à se faire enterrer parmi nous. C'est cet attachement à leur terre d'adoption que des enseignantes telless Mme LANUSSE, Melle REVEL, venues toutes deux, très jeunes ,de leur lointain Ardèche, ne sont retournées qu'au soir de leur vie dans leur pays natal. Je sais que Mme DE LASSEN n'a jamais oublié Bou-Saâda et je sais aussi que M.RULLIER aurait aimé passer encore quelques années chez nous -que dis-je- chez lui, si l'occasion lui avait été donnée.

Il en fut de même pour M. CHRISTEN. Il a tenu à accompagner l'Algérie dans sa renaissance. Je l'ai revu au collège de Kouba, un quartier d'Alger. Il en était le Directeur. C'était en 1964. J'y étais convoqué pour passer les épreuves du Brevet Supérieur de Capacité qui me permettait d'être titularisé. En tant que chef de centre d'examen, il me rendit visite pendant l'épreuve de dessin et
m'encouragea par sa simple présence.

Je devais le rencontrer une dernière fois, place Audin, au niveau de l'ex-"COQ HARDI". Il était en short kaki car il faisait chaud: on était au mois de mai 66 si ma mémoire est bonne. Cette ultime rencontre a laissé en moi une trace indélébile. Le temps et, sans doute, les soucis du lendemain avaient imposé leurs empreintes sur son visage et sur tout son être. Dans la chaleur moite de l'après- midi, il marchait d'un pas lourd, comme si les sandales qu'il portait avaient pesé des tonnes. Voûté, la tête baissée, il semblait perdu dans ses pensées à tel point que bien qu'arrivé à ma hauteur, il ne me vit littéralement pas et fit brusquement dem-tour. Paralisé par cette force mystérieuse dont j'ai déjà parlé, je ne profitai pas de l'occasion pour lui adresser la parole et partager avec lui un dernier instant magique. Je le vis donc de dos partir, seul Européen, isolé au milieu d'une foule à laquelle il était étranger. Un étrange sentiment, tel un frisson, me traversa de la tête aux pieds et je compris qu'une phase de ma vie venait de partir avec lui; Une phase de ma vie que je ne cesse d'évoquer par la pensée tant elle a été riche par les bouleversements historiques et l'intensité des échanges humains.

Homme de bonne volonté, M. CHRISTEN a marqué des générations de Bou-Saâdiens et, pour clore ce modeste hommage, nous rendrons une dernière visite, en son honneur, au COURS COMPLEMENTAIRE qu'il a si longtemps dirigé. Puisse-t-il, de là oû il est , accepter notre reconnaissance!

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