BOU-SAADA

Bou-Saada mérite son nom plein de promesses; si le paradis est dans le ciel, certes il est au-dessus de ce pays, s'il est sur terre, il est au dessous de lui.


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BOU-SAADA » Le Café du Village » hommage, première partie (suite 10)

hommage, première partie (suite 10)

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1 hommage, première partie (suite 10) le 14/06/10, 01:12 am

CHERIF Ali


Langue pendue
Les annés 58 - 60 furent trois années denses tant sur le plan de l'histoire d'Algérie - beacoup d'évènements décisifs eurent lieu - que sur celui du parcours individuel de chacun de nous. C'est ce dernier point qui nous intéresse. La classe unique de 3è/4è voyait une vague d'élèves quitter le collège alors que l'autre restait et recevait en compensation une vague de la classe de 5è. D'oû un brassage de tranches d'âges différentes et, par conséquent, un brassage et un élargissement de souvenirs communs. L'année charnière fut pour moi l'année 58 - 59. Elle s'est terminée par le départ d'une partie de mes camarades et par le sentiment que mon tour allait bientôt venir. L'inquiètude devant l'avenir commençait à s'insunier sournoisement en moi d'autant plus que l'horizon restait couvert par les brumes de la politique.

Ainsi, KADRI Mohamed, se présenta en candidat libre au BEPC, session de juin 59 et quitta le collège une année plus tôt. C'était une entorse à la tradition qui consistait à être présenté par l'établissement, et de la classe de 3è! Mais CHRISTEN le prit bien, félécita son élève et l'encouragea à continuer ses études à Alger.

Juin 60, ce fut au tour de BENHOUHOU Amar, de MERZOUGUI Mohamed - le fort en maths qui nous a quittés prématurément- et de moi-même, de nous préparer à quitter Bou-Saâdé, notre si douillet cocon. Nous venions, en effet de réussir le concours d'entrée à l'Ecole Nationale Technique de Dellys que nous devions rejoindre à la rentrée. C'était un saut dans l'inconnu et l'été 60 fut passé à préparer le trousseau exigé par l'internat et à se préparer psychiquement à quitter la famille, la sécurité du collège et à affronter une nouvelle vie. Parmi les pièces du trousseau figuraient des chaussures "Pataugas" qu'on ne pouvait acheter qu'avec un permis de l'armée française. M.CHRISTEN intercéda auprès de l'Assitante sociale de l'armée pour nous les faire acquérir.Je garde,comme une relique, une lettre de lui qu'il m'envoya de ST GERVAIS dans laquelle il essaya d'apaiser l'inquiètude dont j'ai parlée plus haut.
Lui-même devait quitter Bou-Saâda un an plus tard pour prendre la direction du collège de KOUBA où je devais le revoir après l'indépendance.

Avec le recul, je mesure la peine qu'il a dû ressentir en quittant une ville qu'il a tant aimée et pour laquelle il a tant fait; une ville à laquelle il a consacré une bonne partie de sa vie: beaucoup de Bou-Saâdiens gardent de lui un souvenir ému et beaucoup de Bou-saâdiennes évoquent avec nostalgie son épouse, Mme CHRISTEN.

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